Flânerie graphique

patricia

– Montréal, Juin 1944 –

L’immense pouvoir d’écriture qui caractérise selon Michel Foucault les sociétés disciplinaires a déposé dans les archives de nos villes, grandes et petites, une couche importante de minuscules notations sur nos quotidiens. On croit souvent que cette machine à enregistrer les vies a fonctionné avec une rigueur sans faille… Sur ce formulaire retrouvé dans les archives de la ville de Montréal relatif au Tribunal de la cité, on voit que le désordre n’est pas seulement de l’accusé : les policiers et juges ont écrit dans tous les sens au point de rendre illisible ces lignes de vie. Patricia M. est accusée de flâner la nuit, elle comparaît une première fois devant le Tribunal de la Cité en juin 1944, puis elle récidive au point que les écritures de ses juges viennent noircir sa fiche … On pourrait croire à première vue que ces écritures sont désordonnées mais en fait, Patricia la femme qui flâne se retrouve comme entourée d’écrits ; des écrits qui semblent barrer toute possibilité d’avancer : l’écriture-rempart pour limiter les déplacements.

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