Archive for the Activités Category

Déconnexion

Posted in Activités, Circulations on 10.07.2009 by scriptopolis

vacances

– Ailleurs. Juillet-Août –

Après quatre-vingt-dix-neuf articles, l’équipe de Scriptopolis prend ses quartiers d’été. Elle sera de retour en septembre.

Au suivant !

Posted in Activités, Modes d'emploi on 01.07.2009 by scriptopolis

chauffeurs

– Paris. Juin 2009 –

C’est l’été. Le moment des départs, des rencontres et des ruptures de rythme, celui des innombrables files d’attente, des flux de voyageurs qui caractérisent la mobilité contemporaine. Certains partent retrouver leur famille, d’autres découvrir des régions du monde qu’ils n’ont pas encore explorées, d’autres encore en profitent pour visiter des sites culturels séculaires, espérant s’imprégner des mythes qui en font toute la magie.
Les aéroports grouillent de monde, ils deviennent des carrefours incontournables. Avant le grand saut dans l’aventure, une première étape consiste d’abord à s’y rendre. Simple trajet pour les habitués, voyage de préparation pour ceux qui rêvent de leur destination finale, parcours du combattant pour d’autres. Heureusement la compagnie aérienne prend le relais en mettant des cars à disposition. Il suffit de monter, de payer et de prendre place. Enfin, d’habitude…
Cette fois la compagnie a fait un investissement dans “un nouvel équipement pour traiter la billettique”. L’expression suffit pour célébrer un progrès technique. L’introduction de cette machine ne peut que faciliter la tâche des chauffeurs : elle les libère de la contrainte de gestion des billets d’accès à bord et de la monnaie. Ainsi pourront-ils pleinement se consacrer à l’accueil des passagers. À nous d’être compréhensifs “vis-à-vis des chauffeurs qui rencontreraient quelques difficultés”. Mieux vaut contenir notre impatience de partir en vacances sous peine d’entraver davantage leur usage d’un équipement pourtant simple et efficace.
Inutile donc de voyager bien loin pour rencontrer des mythes : celui qui oppose la toute puissance des machines à l’inévitable défaillance des humains ; celui qui attribue les qualités de performance aux techniques et impute les responsabilités aux opérateurs forcément fautifs. Comme si les virtuosités et les incapacités des êtres étaient des propriétés ontologiques, préalablement distribuées dans un agencement sociotechnique. Voilà, en tout cas, une compagnie aérienne attractive : elle arrive à nous transporter vers des horizons mythologiques alors que nous sommes encore sur place, face à une simple affichette dépourvue de tout paysage idyllique.

Probablement

Posted in Activités, Capteurs et traçeurs on 03.06.2009 by scriptopolis

Probabilites

– Montréal. Mars 2009 –

Il commençait à faire un peu frais sur Saint Denis. Et le temps passé sans connexion avait assez duré. Le café au coin de Saint Joseph est parfait pour ces premières nécessités.
Une fois les principaux e-mails survolés, classés, effacés et le grand americano à moitié bu, un homme d’un certain âge a fini par attirer le regard, très affairé au coin de la grande baie vitrée. Que fait-il donc ? Il écrit. Mais pas comme les voisins de droite qui discutent et posent sur un cahier les bases d’un cours présentant les post-colonialist studies. Pas non plus électroniquement, comme sur l’ordinateur portable qui est désormais fermé à côté de mon café. Il agite un stylo par petites touches, pour remplir ce qui semble être un quadrillage. Il fait des lignes comme un enfant s’entraîne au c cédille. Beaucoup de lignes, sur de nombreuses feuilles. Certaines, volantes, sont assemblées en pile. D’autres restent solidaires au bloc qui les relient. La table est bien trop petite pour ce travail étalé et l’homme doit changer régulièrement ses supports de place, passant de l’un à l’autre après quelques secondes de pause, de réflexion peut-être. Sur la chaise à côté traîne un journal qu’il ne consulte plus, mais dont la position laisse deviner qu’il a été lu il y a peu. Y figurent-ils les informations sources de ses inscriptions ? Annotées peut-être, entourées, surlignées ?
Lorsque la main gauche de l’homme s’abaisse sur la table, un indice sérieux fait son apparition. Trop gros pour être un téléphone, l’appareil qui était à son oreille quelques secondes plus tôt ne peut-être qu’une petite radio. L’imagination s’emballe alors, peut-être à vide, on s’en moque. Voilà quelqu’un qui suit des quelque chose comme des résultats sportifs. Vu l’heure, sûrement des courses. Loin de toute agitation il note scrupuleusement tout ce qui arrive sous la forme de chiffres, de codes. Il fabrique toutes les traces nécessaires à l’élaboration de probabilités dont il a seul le secret des composantes.
L’activité est si prenante, qu’on peut même se demander si elle ne se suffit pas à elle-même. Non pas tournée vers l’équipement de futurs paris, mais destinée à produire une belle et simple description de cette partie du monde.